EXERCICES INTERPRÉTATIFS (NOUVEAU)
Fragments uniques et dialogues avec des artistes qui ont traversé une vie entière.
Chaque toile porte sa propre matière, sa propre voix.
La diversité des sources, Klee, Feininger, Kandinsky, un temple, un chamane, une nuit, une même direction s’est imposée : rien n’est perdu, rien n’est caché, tout peut se réparer, tout reste à lire.
« Rien n’a manqué » pour le triptyque chamanique, « Rien n’est écrit, tout reste à lire » pour Lumières Jumelles, le seuil habité sereinement dans Salle d’Attente, le contrepoint généreux plutôt que la simple copie dans La Tour Réelle, et maintenant cette réparation qui rend visible et précieux dans Kintsugi. Même le mal-être que j’ai traversé ces derniers jours n’a jamais fait dévier les textes vers l’amertume, ils restent tournés vers ce qui tient, ce qui se répare, ce qui reste ouvert.
Fragments uniques. Une seule lumière. … pourtant, pas seulement « fragments uniques » reliés par une même lumière intérieure mais littéralement tournée vers le ciel !
VOYAGE CHAMANIQUE UNIVERSEL

Trois chamanes dans leur propre tension, leur propre moment, respirent ensemble, parlent la même langue.
Trois soleils.
Le premier, chtonien, est enfoui dans la terre. Il ne brille pas encore. Il attend. Ses racines enfouies dans la terre sont celles d’un soleil noir, comme dans certains mythes préhispaniques.

Le deuxième est au milieu.
Le passage. La transe.

Le troisième est dans le ciel. La lumière est retrouvée. Il est soleil, œil et astre. Il répond à la flèche orange, même énergie, l’une monte et l’autre contemple. La tension entre les deux est magnétique.
Un voyage vers le haut. Ou vers le bas. Les deux sont sacrés.
Dans les traditions chamaniques, on voyage dans les deux sens vers les esprits célestes et ceux de la terre.
Je n’ai pas cherché cette histoire. Elle était déjà dans mes mains.
DIALOGUE AVEC L’ŒUVRE DE PAUL KLEE

Elle ne marche pas, Elle est le chemin.
Cette branche qui réunit le ciel et la terre n’est pas un fardeau. C’est le chemin de la sève. Son bras ne désigne rien, il pousse pour gagner la lumière sans jamais la nommer. Sa tête est un soleil qui ne brille pas, il réfléchit. Une jupe jaune, ample, ouverte comme une ancre dorée dans le monde terrestre.
Enracinée et aérienne à la fois. Ni tout à fait posée, ni tout à fait envolée. Un arbre, debout entre la terre et le ciel.
Ces toiles ne sont pas des copies, elles traversent son œuvre, avec mes propres mains, mes propres couleurs, mon propre regard. Qui connaît Klee le reconnaîtra. C’est voulu. C’est un hommage, pas une appropriation. On ne peint jamais seul. On peint toujours avec ceux qui nous ont précédés.

Klee aimait les titres énigmatiques.
Un rocher qui ne bouge pas. Le poids de ce qui est certain. Un disque bleu, il flotte et a la légèreté de ce qui ose. Mais l’un ne va pas sans l’autre car pour oser, il faut d’abord peser et pour peser, il faut déjà avoir osé.
Il n’y a pas de gagnant. Ils se tiennent, l’un par l’autre, dans le même silence.
KINTSUGI

Au Japon, les objets cassés ont un avenir. Par son travail fédérateur, l’or scelle tous ces fragments uniques. La fêlure devient précieuse et une nouvelle histoire voit le jour. L’or porte sa lumière jusque dans les fragments invisibles.
Nos rêves d’enfant brisés revivent grâce à cette soudure divine. Les yeux dans la recomposition. Les bris sont oubliés, il ne nous reste que le regard sur ce qui nous fait plaisir.

Au Japon, les objets cassés ont un avenir. Par son travail fédérateur, l’or scelle tous ces fragments uniques. La fêlure devient précieuse et une nouvelle histoire voit le jour. L’or porte sa lumière jusque dans les fragments invisibles.
Nos rêves d’enfant brisés revivent grâce à cette soudure divine.
Les yeux dans la recomposition. Les bris sont oubliés, il ne nous reste que le regard sur ce qui nous fait plaisir.

Au Japon, les objets cassés ont un avenir. Par son travail fédérateur, l’or scelle tous ces fragments uniques. La fêlure devient précieuse et une nouvelle histoire voit le jour. L’or porte sa lumière jusque dans les fragments invisibles.
Nos rêves d’enfant brisés revivent grâce à cette soudure divine.
Les yeux dans la recomposition. Les bris sont oubliés, il ne nous reste que le regard sur ce qui nous fait plaisir.

Au Japon, les objets cassés ont un avenir. Par son travail fédérateur, l’or scelle tous ces fragments uniques. La fêlure devient précieuse et une nouvelle histoire voit le jour. L’or porte sa lumière jusque dans les fragments invisibles.
Nos rêves d’enfant brisés revivent grâce à cette soudure divine.
Les yeux dans la recomposition. Les bris sont oubliés, il ne nous reste que le regard sur ce qui nous fait plaisir.

Au Japon, les objets cassés ont un avenir. Par son travail fédérateur, l’or scelle tous ces fragments uniques. La fêlure devient précieuse et une nouvelle histoire voit le jour. L’or porte sa lumière jusque dans les fragments invisibles.
Nos rêves d’enfant brisés revivent grâce à cette soudure divine.
Les yeux dans la recomposition. Les bris sont oubliés, il ne nous reste que le regard sur ce qui nous fait plaisir.
VUE SUR LA TOUR DEPUIS LA FENÊTRE DE LA SALLE D’ATTENTE

celle qui existe vraiment, pas une invention de peintre. Sur chaque toile, il y a cette zone blanche, en réserve, comme une présence. Une vraie signature. Cette part qui refuse de se raconter reste ouverte pour celui qui regarde. Silencieuse, pendant que tout le reste se remplit de couleur et de matière.
Pas une reprise de Feininger. Une réponse avec une matière qui lui est étrangère.
La matière, le relief, l’opacité plutôt que la transparence de l’aquarelle : voilà comment ce dialogue avec les autres artistes s’écrit, plutôt que de les recopier. Feininger jouait la transparence sur ses façades. Ici, c’est l’inverse du corps et de l’opacité, pour les mêmes formes.
La Tourelle, La Tour Réelle, minuscule… et elle porte la vie !
Un contrepoint plutôt qu’un simple hommage.
Inspiré de « Manhattan IV B », Lyonel Feininger, 1937.

Une pièce en suspension. Rien n’est vraiment rangé, et tout n’est pas emballé. Des étagères, des échelles, des objets aux formes incertaines, les affaires d’une vie qu’on ne finira jamais de trier.
Un déménagement interrompu en quelque sorte et d’ailleurs même pas encore commencé.
Une porte haute domine la scène. Sombre, verticale, solennelle. Elle tranche le dedans du dehors, l’avant de l’après, ou parfois tout simplement, dans l’inconscience qui nous habite, on quitte ce que l’on a rejoint. L’étoile flotte, seule. Elle n’indique aucun chemin. Elle rappelle simplement qu’un chemin existe, quelque part…
Les lignes convergent toutes vers ce seuil. Ici, tout mène là. On attend. L’important n’est pas de savoir si on entre ou si on sort mais de se sentir heureux d’être prêt.
Inspiré de « Geisterzimmer mit der hohen Tür » (La chambre des esprits à la haute porte), Paul Klee, 1925.
LA MÉMOIRE DES OBJETS

Le Cap, malgré la tourmente. Les objets flottent, suspendus dans l’incertitude du glissement.
Chaque objet porte, quelque part, une pointe de ce qui n’est plus.
Inspiré de « tension suave », Vassily Kandinsky, 1923

Ils flottent, pourquoi les gardons-nous ?
Chaque objet porte, quelque part, une pointe de ce qui n’est plus.
Inspiré de « Montée Tendre », Vassily Kandinsky, 1934.

Une lumière, un coin de toile, sous le regard d’une diagonale sombre qui les traverse tous… une étape qui reste à franchir. Naissants, minuscules, logés dans leurs éclats, la diagonale insistante sur une route à prendre bientôt, inéluctablement.
L’adulte s’arrêtera devant, l’enfant, lui, ne sait pas encore que c’est interdit.
Rendez-moi mes rêves volés !
ESSAI SUR LA MESURE ABSURDE DE L’UNIVERS

Le vide… une rigueur géométrique perdue dans l’immesurable. L’Univers restera indifférent à nos règles. Chute transformatrice de l’absurdité en nécessité plutôt qu’en échec.
Inspiré de « Auf Weiss II », Vassily Kandinsky, 1923.
LA LUNE VINT À LA FORGE

Le froid de la raison face à la chaleur du feu.
Le besoin réciproque de la Forge et de la Lune, patiente et presque tendre malgré le métal en fusion. F.G.Lorca
traversée

Un voilier, un point… puis rien.
Le ciel s’est refermé sur lui.
Sur un autre rivage, il grandit.
Le paradoxe de la disparition et de la découverte.
Un départ devenu arrivée.

Ni départ, ni arrivée,
c’est une respiration.

Un voilier, un point… puis rien.
Le ciel s’est refermé sur lui.
Sur un autre rivage, il grandit.
Le paradoxe de la disparition et de la découverte.
Un départ devenu arrivée.

Il ne retient personne.
Pour ceux qui partent ou reviennent, une lumière reste allumée.
TRAJECTOIRE CÉLESTE

Des instruments de navigation pour un ciel qui n’obéit à personne ?
Ce sont les astres qui décident.

Des instruments de navigation pour un ciel qui n’obéit à personne ?
Ce sont les astres qui décident.
COURT-CIRCUIT CÉLESTE

Tant de choses là-haut.
Sondes, satellites, projets délirants pour milliardaires, promesses lancées comme des prières.
Le ciel, un jour, sature.
Et c’est l’explosion de couleurs.

Tant de choses là-haut.
Sondes, satellites, projets délirants pour milliardaires, promesses lancées comme des prières.
Le ciel, un jour, sature.
Et c’est l’explosion de couleurs.
LUMIÈRES JUMELLES

Des drapeaux de prière venus des Indes, avant de devenir tibétains. Ils portaient un mantra. « Om Mani Padme Hum ». Un message précis et fixé d’avance.
Les miens n’en portent aucun. Ils sont vides. Pour que celui qui regarde y dépose le sien.
Autour du soleil, autour de la lune, ils tournent en orbites. L’un éblouit par excès de chaleur, l’autre par excès de froideur. Deux lumières trop intenses pour être regardées en face.
Rien n’est écrit. Tout reste à lire.

Des drapeaux de prière venus des Indes, avant de devenir tibétains. Ils portaient un mantra. « Om Mani Padme Hum ». Un message précis et fixé d’avance.
Les miens n’en portent aucun. Ils sont vides. Pour que celui qui regarde y dépose le sien.
Autour du soleil, autour de la lune, ils tournent en orbites. L’un éblouit par excès de chaleur, l’autre par excès de froideur. Deux lumières trop intenses pour être regardées en face.
Rien n’est écrit. Tout reste à lire.
LE RETOUR D’HECTOR
À propos du retour d’Hector (II)
Huile et acrylique sur bois, 60 × 80 cm, 1992-1993
Florence, 1985, et Winchester, vers 1200. Les mannequins spectaculaires de Giorgio de Chirico hantent les musées toscans désormais rongés par la déréliction. Le métaphysicien italien, qui réalisera une vingtaine de copies de son propre tableau, sombre résolument dans l’autoparodie. Plus rien ne subsiste de l’âme séculaire de la Pietra Serena florentine à l’exception peut-être d’un fragment de câble électrique, et l’on n’a toujours pas identifié l’égorgeur de Florence. Huit siècles auparavant, que restait-il déjà du souvenir d’Alcuin et de Jean de Salisbury, et comment pourrait-on se représenter le trivium, le quadrivium et l’image d’Aristote, sinon sous les traits de ce myrmidon hiératique sorti tout armé de la cour de l’école épiscopale de Winchester, qui accueillait cette rude enseigne :
« Aut disce, aut discede ; manet sors tertia caedi. »
(Apprends ou va-t’en ; la troisième solution est le fouet !)

VUES AÉRIENNES
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